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Olympiades des métiers : avec Dylan Lajoye, le sol prend des reflets d’argent

Il fallait le voir s’agiter, à Caen, derrière la barrière du pôle des soliers : agile, concentré, le geste rapide et précis, Dylan Lajoye a enchaîné les épreuves sans jamais lever le nez. Une persévérance récompensée par une médaille d’argent. Portrait de ce jeune Normand, à la fois doué et opiniâtre.
À genoux la plupart du temps, il a coupé, collé, assemblé sans relâche. Déçu au soir du premier jour – « Je n’avais pas eu le temps de finir le parapluie en PVC », se souvient-il – il ne s’est pas découragé pour autant. Fort des conseils prodigués par les anciens médaillés de l’équipe normande, son mental a tenu. « Je me suis ressaisi pour affronter les épreuves du vendredi pour lesquelles je m’étais bien entraîné. » Le soir, le week-end, seul ou avec son coach, Maxime Couet, médaillé d’argent 2016, Dylan Lajoye a joué à 100% le jeu des Olympiades : « Il a fallu faire des choix ces derniers mois, confie-t-il. J’ai choisi les Olympiades plutôt que la fête, j’ai mis mes loisirs, ma copine, ma famille un peu entre parenthèses… »

Des sacrifices qui ont payé, samedi 1er décembre, puisque le jeune Normand de 20 ans a arraché la médaille d’argent. « Quand j’ai vu mon nom s’afficher, sourit-il, j’ai été très content, très fier… je ne regrette pas d’avoir tout donné pour y arriver. Je suis très heureux des performances que j’ai réalisées. » Et notamment ce pont de Normandie en linoléum sur lequel Dylan a passé… 6h30 vendredi 30 novembre !
Apprenti au CFA de Coutances, où il effectue un brevet professionnel de peinture, après avoir commencé par un CAP peinture et une mention solier, le nouveau médaillé tient à remercier le patron de l’entreprise Delahaye, où il est en alternance, à Cherbourg : « Il m’a énormément aidé et soutenu, insiste-t-il. Je lui suis très reconnaissant de m’avoir dégagé du temps pour préparer les Olympiades. »
Trois jours après la fin des épreuves, Dylan n’avait pas encore tout à fait réalisé les conséquences de sa performance, ni même récupéré, physiquement : « La tension est retombée, mais j’ai du mal à reprendre le rythme, c’est dur… »
Malgré cette fatigue – qui ne l’a pas empêché d’être au boulot, dès le lundi matin - le jeune homme se serait bien vu poursuivre à l’international. Mais, dans la catégorie des soliers, il n’y a pas de mondiaux, si bien que seule la médaille d’or poursuit son chemin au niveau européen. Une petite déception, compensée, malgré tout, par la perspective de renouer avec une vie moins monacale.